Mardi, 23. Décembre 2014

L'Histoire de l'Algérie PDF Imprimer Envoyer

Histoire de l'Algérie en dessins animés.

Cette série de dessin animé de 52 parties résume l'histoire de l'Algérie depuis la haute antiquité avec la création d'un grand royaume, la Numidie , sous l'impulsion de Massinissa, jusqu'à la guerre d'indépendance en 1962 et passant par les différents règnes qu'a connue l'Algérie ainsi que les différentes expéditions menées contre elle.

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De par sa tradition de terre d'accueil et des multiples civilisations qui l'ont traversée, elle a hérité d'une histoire très riche qui s'exprime par des vestiges d'époques variées. C'est ainsi que l'Afrique, la Méditerranée, l'Europe et l'Orient marquèrent de leurs influences spécifiques le cheminement historique de l'Algérie.

Voici  un aperçu des différentes époques et évènements qu'a connu l'Algérie .

 

Histoire de l'Algérie dans l'Antiquité.

La Numidie

Règne de Massinissa

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)

Massinissa parvint à unifier la Numidie, qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est. Après avoir capturé et vaincu Syphax, Massinissa réussit à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage.

Ensuite, Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax pour envahir le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama, où ils les vainquirent dans une grande bataille (202 av. J.-C.).

Après Massinissa

L'effigie de Jugurtha

Après la mort de Massinissa, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome, provoqua des troubles en Numidie. Micipsa, fils de Massinissa, succèda finalement à son père sur le trône 148 av. J.-C.. Pour l'éloigner du pouvoir, Micipsa fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa[27], comme représentant en Ibérie, où il se distingua aux côtés des romains au siège de Numance. Après le règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal anéantirent le travail d'unification de leur grand-père en divisant à nouveau la Numidie en Numidie orientale et occidentale. La crise politique larvée entre Rome et la Numidie finit par éclater lorsque Jugurtha revint en Numidie et se saisit du pouvoir en 117 av. J.-C. en tuant Hiempsal et en expulsant Adherbal, qui s'enfuit à Rome. La Numidie était à nouveau unifiée.

 

 Christianisme, Invasion Vandale

Le christianisme fait son entrée en l'an 256, et durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s'éternisent, la nouvelle religion devient l'alibi religieux d'une nouvelle révolte qui sera encore une fois Amazigh. En effet, le culte donatiste se développa en Algérie à Baghaï[31] dans les Aurès et en Tunisie comme un défi politique à Rome. Les Donatistes, refusant d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, et exigeant la séparation de l'État et de la religion, finiront par déclarer que l'empereur est le diable en personne, à l'opposé de Jésus. Ils rejetèrent aussi le rite catholique. L'Empereur envoie ses troupes pour les réduire, dans ce qui est communément appelé la première persécution des Chrétiens par d'autres Chrétiens. La répression ne fit qu'accroître le soutien populaire des Donatistes. Et en 321, les légions romaines venues réprimer les Donatistes se retirèrent.

Le philosophe et théologien Saint Augustin

Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu'exerçait Rome sur l'Afrique du Nord, les Donatistes saisissent cette conjoncture favorable pour tenter à nouveau de dominer la scène politique et religieuse. Finalement, excédé, l'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale. Saint Augustin, qui était alors l'évêque catholique d'Annaba, essaya de calmer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des Donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les Donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, une minuscule communauté survivant seule dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle. Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Algérie sous la pression des Vandales qui envahissent le pays. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Annaba par les Vandales.

 

Les Byzantins

L'apogée de l'Empire byzantin avec les conquêtes de Justinien

En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir jusque dans la province de Constantine. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants dont les Dejrawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes.
À la veille de la conquête musulmane du Maghreb, quelques tribus berbères pratiquaient le judaïsme , ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure Païen comme le cas des Banou Ifren.

Moyen Âge

Islamisation de l'Algérie

Entrée de la ville de Sidi Okba à Biskra (1962) où Oqba Ibn Nafaa est enterré

La chute de Rome, puis des Vandales, et l'instabilité durant la période byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l'arrivée des musulmans entre 665 et 708.

L'unité politique et administrative de la Berbérie orientale et centrale les Aurès était en grande partie réalisée par Kusayla et allié des Omeyades. Le conflit entre Kusayla et Oqba Ibn Nafaa amène une autre guerre. Et au décès de Kusayla en 688, Dihya, dites la Kahina, prend la tête de la résistance. Elle venge Kusayla en donnant l'ordre de tuer Oqba Ibn Nafaa[38]. Dihya est issue de la tribu des Dejrawa, une tribu zénète implantée dans les Aurès, elle a été élue ou nommée à cette charge par le conseil de la confédération des tribus.
De 688 à 708, Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée des Omeyades grâce à l'apport des cavaliers Banou Ifren. Elle règnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années. Dihia sera vaincue dans la dernière bataille contre les Omeyyades. Elle sera la seule femme de l'histoire à combattre l'empire omeyyade. Les Omeyyades demandent, en contrepartie, aux différentes tribus alliées à Dihia de fournir 12 000 hommes de combat. Les fils de la Kahina réunissent ces 12 mille hommes [39] . Après avoir réislamisé ou islamisé les diverses tribus berbères situées à l'Ouest (ou à l'occident) de sa province (l'Ifriqiya), Musa ben Nusayr nomma son affranchi Tariq ibn Ziyad gouverneur de Tanger et le plaça à la tête de l'armée berbère. Tariq était selon un auteur inconnu cité par Ibn Idhari dans son ouvrage " Al Bayan Al Moghrib" ,un berbère de la branche des Ulhasa de la tribu des Nefzaouas (information reprise par Ibn Khaldoun) .

En 708, les Omeyyades restent les maîtres de l'Algérie. La période préislamique se termine. L'Algérie s'islamise, tandis que les langues latine et punique disparaissent. Après la conquête musulmane, les citadins adoptèrent progressivement la langue arabe. Berbère, phénicien, latin, arabe, espagnol, turc, français : le brassage des langues, le « métissage linguistique », est intense, donnant lieu à un arabe algérien très hétérogène, variant sensiblement d'une région à une autre, et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours.
En 711, la première partie de la conquête musulmane de l'Espagne fut menée par un contingent arabo-berbère sous le commandement de Tariq ibn Ziyad, d'où le nom de la colline de Gibraltar (arabe : جبل طارق, « Djebel Tariq »).

Dynasties islamiques

 Omeyyade allié aux Zénètes
Rostémide (777-909)
Idrissides (789-974)
l'empire Ziride
Empire Almoravides(doctrine sunnite)(1073-1102).
l'empire Almohade
Royaume mérinide (1258-1420)
Royaume zianide (1235-1556)
Royaume hafside (1230-1574)

 

L'arrivée des Andalous et des Morisques

Boabdil remettant les clés de Grenade à Ferdinand et Isabelle (tableau de Francisco Pradilla y Ortiz)

Les musulmans ont régné près de huit siècles (de 711 à 1492) en Andalousie, une tête de pont musulmane s'est maintenue durant une période en Provence dans le massif des Maures et à Ramatuelle, dans le Sud de la France, jusqu'à la fin du Xe siècle. La Sicile fut également sous domination musulmane pendant près de 250 ans, et l'islam y devint la religion majoritaire principalement à cause de l'immigration musulmane jusqu'à ce que les armées chrétiennes et normandes ne récupèrent l'île, fondant le royaume de Sicile.
Plusieurs dynasties Nord Africaines sont intervenues dans l'histoire d'Al-Andalus: Ifrenides, Zirides, Hammadides, Almoravides, Almohades, Zianides et Mérinides.
Les Rois Catholiques vont achever la Reconquista en 1492, suite à cela, une partie des Juifs sera refoulés vers l'Afrique du Nord. À partir de cette date, les Espagnols vont diffuser des éléments de la culture maure qu'ils ont intégrés en Amérique comme les techniques d'irrigation, le sucre et le café.

Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia

L'arrivée des Andalous et des Mudéjars coïncidera avec la progression de la Reconquista jusqu'à son achèvement. Après 1502, tous les musulmans qui arriveront en Algérie seront appelés Morisques, ces derniers seront définitivement expulsés de la péninsule Ibérique à partir de 1609 sous Philippe III, suite au décret d'expulsion des Morisques. Une partie d'entre eux s'installera ailleurs en Europe, plusieurs se convertirent aux christianisme, le reste se réfugiera en Afrique du Nord.
Ainsi, des milliers de familles d'Espagne et de Sicile partent en Afrique du Nord, dont la majeure partie s'installe en Algérie. Ils viennent en masse dans les villes de nord du pays, dont : Oran, Tlemcen, Nedroma, Blida, Alger, etc. Ces grandes familles, qui ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour rester dans leur pays d'origine, sont forcées à vivre dans une terre qui leur est tout à fait inconnue. Leur apport sera très important dans la société, la culture sera en premier plan, ainsi que la construction des villes et l'économie. Ces familles vont changer pour beaucoup le décor de la scène sociale de l'époque.

Époque moderne

Les présides espagnols au XVIe siècle

Pedro Navarro

Au mois de juillet 1501, les Portugais lancent une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses. Il faudra attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la première expédition organisée contre Oran.
La prise de la ville par l'armée du cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, commandée par Pedro Navarro, eut lieu le 17 mai 1509. Après l'occupation du port de Mers-el-Kébir (1505), et celui de la ville d'Oran (1509), la ville fut désertée, puis totalement occupée par les troupes Espagnoles.

En 1510, Ferdinant le Catholique attaque la ville d'Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtirent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demande l'aide des Turques.
Pedro Navarro prend Béjaia en 1510 à 1555. Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque la ville. Abderrahmane oppose 10 000 soldats, qu'il lance immédiatement contre les Espagnols en cours de débarquement. En même temps, il les bombarde de la ville. L'assaut est néanmoins repoussé, grâce notamment à l'artillerie de marine. La riposte espagnole commence immédiatement, avec des bombardements maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se déroule dans la ville. À la fin, Abderrahmane réussit à prendre la fuite et il y aura plusieurs morts. La renommée de Navarro et le récit de ses exploits militaires incitent les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemcen à prêter l'hommage au roi d'Espagne et à libérer tous leurs prisonniers chrétiens.Cependant en 1514, grâce a une attaque combinée des Kabyles menée par Sidi Ahmed ou el Kadhi à la tête de 20 000 hommes et des Turcs par la mer la ville de Bejaia sera libérée de la présence espagnole temporairement. Les Espagnols en seront ensuite définitivement expulsé en 1555 par les ottomans dirigé par Salah Raïs pacha.

 

Période ottomane (1515 à 1830)

Le corsaire Arudj Barberousse, aîné de Khayr ad-Din, qui chassa les Espagnols d'Alger en 1518.
Après les tensions entre chrétiens et musulmans en Europe, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale, suivis des Espagnols qui occupent des ports méditerranéens (Mers el Kebir, Oran, Béjaïa, etc). L'Espagne décide d'assiéger le port d'Alger. Les Algérois font alors appel aux corsaires turcs. Les frères Barberousse, forts de plusieurs succès dans la navigation, parviennent en 1518, après plusieurs échecs, à chasser les Espagnols d'Alger (en partie avec l'appui des tribus kabyles) et a étendre progressivement leur état sur le reste du pays (Cherchell, Ténès, Tlemcen, etc.).

 

Partie méridionale de l'Algérie (1515 à 1830)

cérémonie religieuse à Adrar

Les Ottomans n'étaient pas en mesure d'étendre leur autorité aux régions sahariennes du pays. Le Sahara était l'axe principal aux échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le Nord.
La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dégrade, cela amène Ahmad al Mansour à contrôler Gourara et Touat (région). Ensuite, Mulay M'hammed prend le pays de la Gourara avec l'aide des tribus locale. Par la suite, il rattache Tlemcen, Laghouat et plusieurs villes de l'Ouest et du Sahara à son autorité. Et, il se déclare indépendant. Mais, par la suite Tlemcen et plusieurs villes furent rattachées à la Régence d'Alger. À l'arrivée du pouvoir des Alaouites, ces derniers abandonnent les régions du Sahara Gourara, Touat, etc. Alors, les émirs locaux prennent en charge la gouvernance de leurs territoires.

 

Contemporain

Conquête française

La conquête de l'Algérie fut longue et particulièrement violente puisqu'elle s'est traduite par la disparition de près du tiers de la population algérienne. Des méthodes singulières ont été utilisées, telles que les enfumades, les massacres de prisonniers et de civiles, les razzias, les destructions de cultures et de villages - couramment employées par les militaires français. L'armée française l'a conquise village après village, mais il faut préciser que ce qui caractérise la colonisation de l'Algérie et tient lieu de particularité est qu'il s'agit d'une colonie de peuplement

Abd-El-Kader à Damas, portant le grand cordon de la Légion d'honneur, 1860.

Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes répartis dans 675 bâtiments affrétés par l'entreprise Seillière, c'est-à-dire toute la marine française de l'époque, embarquèrent pour conquérir la bande côtière del'ancienne régence, par la suite unifiée sous le nom d'Algérie. Le débarquementeut lieu le 14juin 1830 à Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises commandées par Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont, général en chef de l'expédition,firent leur entrée dans la forteresse d'Alger, le dey capitula le jour même.

Mais laFrance se heurte à l'ouest à l'émir Abd el-Kader et à l'est aux tribus berbères dont celles de Kabylie menées par LallaFatma N'Soumer. La France entame des négociations avec l'émir Abd el-Kader en 1834 et en 1837, date à laquelle est signé le traité de Tafna. Mais en 1839, Abd el-Kader déclare la guerre à la France,considérant l'expédition aux "Portes de fer" (dans la chaîne des Bibans en Kabylie) par l'armée française comme une violationde traité. En mai 1843, la smala et le fameux trésor d'Abdel-Kader sont aux mains des Français.

Lalla Fatma N'Soumer, figure de la résistance à l'armée coloniale française.

En 1847, Abd el-Kader déposa les armes et se rendit. L'armée française d'Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l'Algérie. À l'issue de la bataille de Zaatcha, dans les Aurès, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s'étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, et la capture de Lalla Fatma N'Soumer met un terme à la résistance; mais les Kabyles se soulèveront encore jusqu'au début des années 1870. La conquête du nord de l'Algérie est alors achevée. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la capitulation des Beni-M'zab du Mzab (1852) et celle du Souf reculent les limites de l'Algérie jusqu'au grand désert.

Révolte des Mokrani
Ce n'est qu'après un ultime soulèvement, en 1871, des tribus de Kabylie, lors de la Révolte des Mokrani, que la mission de « pacification » s'achève. Elle a fait près d'un million de morts, civils pour la plupart, la perte démographique se concentrant en particulier sur les six dernières années de la conquête comme le fait remarquer le démographe R. Ricoux.

Cheikh Bouamama
Il s'en suit une grande guerre entre l'Armée française et les troupes du Cheikh Bouamama et des Ouled Sidi Cheikh.

Époque coloniale

Alger « la blanche », deuxième ville de France en 1921

Après la conquête, l'Algérie connut un afflux important de colons européens (essentiellement français) que l'on appellera bientôt Pieds noirs et qui contribuèrent à mettre en valeur le pays : par la construction d'infrastructures (routes, ponts, chemins de fer, ports, aéroports,...), par l'aménagement et la création de villes modernes, par le développement de l'agriculture et l'industrie, par l'instauration de systèmes sanitaires et éducatifs performants, etc ... tout ceci à tel point que le territoire algérien fut presque assimilé à la métropole, disposant d'une organisation administrative et judiciaire calquée sur cette dernière (départements français d'Algérie, arrondissements, communes, tribunaux,...).
Cependant, ce développement ne profita guère aux autochtones musulmans (les israélites bénéficièrent des dispositions du Décret Crémieux dès 1870) qui furent victimes d'une certaine discrimination et qui ne tardèrent pas revendiquer leurs droits.

 

Naissance du mouvement national

Messali Hadj      Ben Badis d'après Bachir Yellès

Au début du XXe siècle, plusieurs leaders algériens revendique à la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance . plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français. La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l' a été l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

 

Les Algériens pendant la Première Guerre mondiale


Au cours de la Première Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis algériens ont mené, avec courage, les mêmes combats que les soldats français. Les Algériens ont laissé 26000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la Première Guerre mondiale. De la nécropole nationale de Notre Dame de Lorette aux champs de bataille de l'Hartmannswillerkopf, en passant par l'ossuaire de Douaumont, le sacrifice consenti par les troupes d'Afrique du Nord et plus particulièrement par les Algériens, est encore de nos jours perceptible. Les Algériens ont été de toutes les grandes batailles de l'armée française de la Première Guerre mondiale. Ils se sont distingués notamment dans l'enfer de Verdun, sur la Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917. De par leur ardeur au combat, ils ont toujours suscité l'admiration. Les tirailleurs et spahis algériens ont été, pendant ces quatre années de guerre, mêlés à toutes les batailles de l'armée française. La devise du 2e régiment de tirailleurs algériens résume bien, à elle seule, l'esprit des Algériens de 1914, soldats de la liberté «Dieu est avec nous, pour notre drapeau et pour la France». L' émir Khaled participera à la Première Guerre mondiale au côté des Français[95].

la Seconde Guerre mondiale


Après le coup d'État du 8 novembre 1942 à Alger, dans le cadre de l'opération Torch(débarquement des alliés à Oran, à Alger et à Annaba[96]), de nombreux algériens furent engagés dans les forces alliées au sein de l'armée française de la Libération et engagés sur les fronts italiens et français. En Algérie, la conscription engagea environ autant d'Algériens que de pieds-noirs (européens) dans l'armée française. Les futurs présidents de l'Algérie Ahmed Ben Bella[97] et Mohammed Boudiaf, engagés volontaires et décorés. Mostefa Ben Boulaïd, l'artisan du déclenchement de la révolution algérienne 1954, fut, pendant la campagne d'Italie, en 1944, distingué par son courage, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre. Krim Belkacem se retrouve mobilisé en 1943 dans le 1er Régiment des Tirailleurs Algériens où il est promu caporal-chef.
En revanche, durant l'Occupation en France métropolitaine, plusieurs centaines de Nord-Africains s'engagèrent dans la Milice française, constituant la Légion nord-africaine.

Le massacre du 8 mai 1945

George Marshall son plan prévoit l'indépendance algerienne


Après la fin de la seconde Guerre Mondiale, le plan Marshall prévoit l'indépendance de l'Algérie. Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d'Algériens dans plusieurs villes de l'Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l'émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : une centaine trouveront la mort dans les jours suivants[98]. La répression de l'armée française est brutale.
Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les autochtones, chiffre potentiellement sous-estimé et probablement plus proche des 20 000 à 30 000 selon l'historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[99]. De par la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie[100].
A la suite de ce massacre, le jour même et alors qu'ils venaient présenter leurs vœux à Yves Chataigneau à l'occasion de la défaite de l'Allemagne Nazie ; Mohammed Bachir, Ferhat Abbas et Hadj Ahmed Chérif Saâdane seront arrêtés à 10h30 car accusés d'avoir " port[é] atteinte à la souveraineté française " par fomentation des sanglants événements de Sétif du jour même. Ils seront incarcérés à la maison d'arrêt d'Alger puis transférés à celle de Constantine[101].

 

La révolte Algérienne de 1945 à 1954

Suite à la mort de Ben Badis en 1940 et à l'emprisonnement de Messali Hadj et l'interdiction du Parti du peuple Algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique après le statut de l'égalité ou de l'indépendance des Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans Algériens fut interdite. Alors, l'Organisation spéciale (Algérie) apparait et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine Aït Ahmed prend la tête de l'Organisation et continua à œuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran fut attaquée par les membres de l'OS.
Ferhat Abbas et Chérif Saadane, à leur sortie de prison en avril 1946 de Constantine, créent l'UDMA ( Union Démocratique du Manifeste Algérien )[93]
Ahmed Ben Bella [102] prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une chaine d'arrestation est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques niait toute relation avec l'Organisation spéciale pour arrêter les arrestations.
Le CRUA est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes[103]. Par la suite, le Front de libération nationale (Algérie) est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).
Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrôle du pouvoir de la révolution. Messali Hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence surveillée en France.
De 1954 à 1962
Remarque historiographique
Les archives officielles ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs. Une loi devrait permettre en France l'accès aux archives classifiées « secret défense » postérieures à 1948 à l'horizon 2012, malgré la proposition d'un amendement par le sénat français visant à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée »[104]. Cet amendement vivement critiqué par les historiens amène le Parlement français à se prononcer à nouveau pour un délai réduit à cinquante ans[105], texte qui doit à nouveau passer au Sénat[106].

La guerre d'Algérie

Rassemblement de troupes (ALN)

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954.

Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.
En 1954, l'Algérie compte huit millions d'autochtones et un million de « Français d'Algérie » (Pieds-Noirs et Juifs d'Algérie naturalisés).
La Guerre d'Algérie commence ainsi le 1er novembre 1954 dans les Aurès, dans un village près d' Arris appelé Ouled Moussa non loin de Batna, et s'étendra rapidement à tout le pays. Le déclenchement de la guerre est connu sous le nom de Toussaint Rouge par les historiens.

À partir de 1954, le combat armé pour l'indépendance de l'Algérie se traduit par des exactions répétées contre les populations civiles d'origine musulmane et européenne. Il s'ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements avec l'armée française, qui comprend également des unités de supplétifs "musulmans" appelés « Harkis ». Le FLN organise son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée, l'ALN, tandis que sur le front diplomatique, il chapeaute ses activités sous la bannière du GPRA, qui orchestre une campagne tous azimuts en vue de plaider la cause algérienne ; il réussit en 1958 à introduire pour la première fois dans l'agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne. Ce conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l'Indochine française, Madagascar, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Afrique-Équatoriale française et l'Afrique occidentale française. Le cas de l'Algérie se différencie des autres en ce sens qu'elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits "du Premier Collège" (les « Pieds-Noirs »), dont certains, les Juifs d'Algérie et de huit millions de citoyens du Deuxième Collège (dit les musulmans), avant l'arrivée du général de Gaulle. Ce dernier négociera directement avec les chefs du FLN lors des Accords d'Évian et le général de Gaulle organise le référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Cette fois-ci les Algériens voteront massivement pour l'indépendance de l'Algérie.

Le bilan de la guerre d'Algérie fait état  de 1,5 million de morts),  sans compter les 8 000 villages incendiés, un million d'hectares de forêts incendiés avec le napalm, 2,1 millions de musulmans déplacés dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrés, au lendemain de la proclamation de l'indépendance. C'est sans compter non plus la torture pendant la guerre d'Algérie qui a laissé de profonds traumatismes, l'armée française l'ayant pratiquée dans des proportions qui concerneraient des centaines de milliers d'Algériens.

Les évènements de la guerre d'Algérie, la déclaration d'indépendance - qui consomme la décolonisation -, le climat de violence générale qui régnait dans les derniers mois de la guerre ou encore des évènements traumatisants comme le massacre d'Oran amèneront la plupart des pieds-noirs à quitter le pays : sur près d'un million, cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette année. L'histoire des deux cent mille pieds noirs encore présents après 1962 reste à écrire, selon l'historien Benjamin Stora.

Algérie indépendante (depuis 1962)

Population en liesse après la proclamation officielle de l'indépendance (5 juillet 1962)


Après la guerre d'indépendance et la négociation des accords d'Évian, le Front de libération nationale (FLN) prend le pouvoir et devient parti unique. Il engage l'Algérie sur une voie socialiste sous Houari Boumedienne. Puis, confronté à d'importants mouvements de protestation et à la crise économique, le pouvoir engage la démocratisation du régime à la fin des années 1980, sous la direction de Chadli Bendjedid. Le processus est toutefois interrompu suite à la démission du président, l'Algérie plongeant alors dans une guerre civile brutale durant plus d'une décennie. En 1999, Abdelaziz Bouteflika est élu président, et entame alors une politique de réconciliation nationale. Il est critiqué pour ses manières autocratiques, tandis que le chômage affecte encore plus d'un tiers de la population. En 2009, il est réélu pour un troisième mandat après avoir fait amender la Constitution.


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